Les Troyennes

D’après Euripide

Tragédie

29, 30, 31
Octobre,
1er Novembre 2021

20H00

1h30

Bar et nourriture

Entrée libre

Synopsis

Ce récit tragique se situe au crépuscule de la Guerre de Troie. Ulysse, en suggérant la ruse du Cheval de Bois, a donné la victoire aux Grecs. Les grands héros sont tombés au combat. Achille, Patrocle, Pâris et Hector reposent dans le sol troyen. Seules restent la glorieuse cité qui tombe en cendres et les mères, épouses et filles des défunts combattants. Elles attendent, parquées dans des tentes, qu’on se les répartisse. Ce récit est celui de femmes confrontées à l’amour qui leur est enlevé, aux regrets qui refont surface, à leur destin qu’elles ne contrôlent plus. C’est le récit de pleurs, de souffrance et de souhait de vengeance, le récit d’une incompréhension des volontés des dieux, d’une perte de foi en la vie et en soi. Où trouver de l’espoir quand tout nous est pris, quand la raison ne s’exprime plus ?

Entrer dans les Troyennes, c’est parcourir un tableau sanglant, violent et dérangeant. Euripide a une plume poétique qui sait dire ce qui fait mal avec beaucoup de beauté. S’enchaînent des réflexions sur le pouvoir, le devoir, l’amour et la famille, la folie et l’espoir. Entrer dans les Troyennes c’est découvrir un style de théâtre différent, qui nous vient des temps anciens mais qui déroule une actualité impressionnante. Entrer dans les Troyennes, c’est découvrir les horreurs de la guerre, hors des champs de bataille. Ces horreurs du quotidien, celles qui brisent les vies, pourrissent les destins et avilissent une société.

@Ella Pasquier

Graphisme: Ella Pasquier

« Il ne faut plus croire aux dieux, si l’injustice doit
triompher de la justice »

Electre, Euripide                               

Distribution

Sylvain Grangier

Héloïse Clément

Sandrine Bouquet

Estelle Terry

Florine Neuenschwander

Marie-Prune Schaller

Jeanne Girard

Bryan Oberson

Sandy Maillard

Cléa Voisard

Cynthia Blunschi

Emile Schuwey

Poséidon, dieu de la mer

Athéna, déesse de la guerre

Hécube, reine de Troie

La Coryphée

Une Troyenne

Une Troyenne

Une Troyenne

Talthybios, héraut des Grecs

Cassandre, fille d’Hécube

Andromaque, veuve d’Hector

Hélène, femme de Ménélas

Ménélas, roi de Sparte

 Mise en scène et scénographie: Alexandre Raemy

Direction des comédiens: Bryan Oberson

Dramaturgie: Bastien Racca

Création lumière: Emile de Gautard, Thomas Roulin

Gestion financière: Isaline Racca

Distribution

Sylvain Grangier
     Poséidon

Héloïse Clément
     Athéna

Sandrine Bouquet
     Hécube

Estelle Terry
     La Coryphée

Florine Neuenschwander
      Une Troyenne

Jeanne Girard
      Une Troyenne

Marie-Prune Schaller
      Une Troyenne

Bryan Oberson
      Talthybios

Sandy Maillard
     Cassandre

Cléa Voisard
     Andromaque

Cynthia Blunschi
     Hélène

Emile Schuwey
     Ménélas

Mise en scène, scénographie: Alexandre Raemy

Direction des comédiens: Bryan Oberson

Dramaturgie: Bastien Racca

Création lumière: Emile de Gautard, Thomas Roulin

Gestion financière: Isaline Racca

Intérêts littéraires

Intérêts
philosophiques

Écrite en 415 aCn, cette pièce peut s’étudier sous au moins deux axes principaux: le fond et la forme. Euripide, en écrivant cette pièce, prend le contrepied de la légende troyenne. Il centre son récit sur les victimes de la guerre de Troie. La pièce peut alors pleinement se lire comme un hymne antimilitariste et fait échos aux volontés de conquêtes athéniennes d’alors ainsi qu’aux évènements de la prise de Mélos en 416. Ainsi, on peut y constater que l’Histoire est toujours complexe, que la Grèce antique n’est pas ce tout uniforme qu’on nous présente dans les manuels et que les complexités politiques ne sont pas l’apanage du XXème siècle. Non, les cités se font la guerre, les citoyens se disputent, les idées s’opposent et cela se lit dans tous les écrits de n’importe quelle époque. 

Euripide a écrit une tragédie, certes, mais qu’est-ce que ça signifie? Qu’est-ce qu’une tragédie? Quels en sont les codes, les règles, comment va-t-elle évoluer à travers les siècles? A partir des Troyennes, on peut extraire des généralités mais ce qui est génial dans cette œuvre, c’est qu’on peut montrer que déjà au Vème siècle avant notre ère, les règles bougent et évoluent suivant les nécessités dramaturgiques. Les Troyennes a suscité de nombreuses critiques, principalement pour son pathétisme poussé à l’extrême. On n’y trouve pas, comme ailleurs chez Euripide, une narration linéaire. Ici les épisodes sont clos, on assiste aux derniers moments de ces femmes rendues à l’esclavage face à la fin de leur cité. Le dénouement est annoncé dès le début, et rien ne viendra contredire l’avancée lente vers une chute certaine. De plus, les pièces lyriques, bien plus nombreuses qu’à l’accoutumée, viennent renforcer l’idée de pathétique que chaque personnage illustre à sa façon. 

La mort est-elle le plus grand malheur de l’être humain? Il ne faut pas juger le bonheur d’un homme avant sa mort selon Hécube. Tout peut basculer à tout moment. La pièce passe alors pour un plaidoyer contre le destin implacable qui ravage tout mais son intérêt va plus loin encore et se décline différemment suivant les personnages. On y trouve, fait rare dans le théâtre grec classique, des réflexions contre l’intervention divine chez Hécube. La reine est en effet souvent à la limite du blasphème dans ses propos. Cassandre quant à elle nous offre des questionnements autour de la vengeance et du sacrifice. Andromaque, loin de l’image qu’en dépeint Racine, est abattue par le malheur et n’attend plus que la mort pour seul remède à ses maux. Hélène, que chacun s’efforce de présenter comme la coupable absolue, vient remettre en cause cette accusation avec des arguments sur l’essence même de la culpabilité qui viennent mettre en déroute Ménélas qui malgré ses dires n’est plus autant déterminé à la mettre à mort. Dans ces idées de culpabilité, le personnage de Talthybios est aussi très intéressant à étudier. Il vient remettre en cause sa propre culpabilité en expliquant qu’il ne fait qu’exécuter les ordres de plus haut. Peut-on ainsi se dédouaner de ses actes individuels en plaidant la pression d’un groupe ou d’une institution? Les dieux ne semblent pas de cet avis: «Il est fou le mortel qui saccage les villes et qui change en désert les temples, les tombeaux, lieux sacrés du repos: c’est lui qui périt pour finir.»

Intérêts
littéraires

Écrite en 415 aCn, cette pièce peut s’étudier sous au moins deux axes principaux: le fond et la forme. Euripide, en écrivant cette pièce, prend le contrepied de la légende troyenne. Il centre son récit sur les victimes de la guerre de Troie. La pièce peut alors pleinement se lire comme un hymne antimilitariste et fait échos aux volontés de conquêtes athéniennes d’alors ainsi qu’aux évènements de la prise de Mélos en 416. Ainsi, on peut y constater que l’Histoire est toujours complexe, que la Grèce antique n’est pas ce tout uniforme qu’on nous présente dans les manuels et que les complexités politiques ne sont pas l’apanage du XXème siècle. Non, les cités se font la guerre, les citoyens se disputent, les idées s’opposent et cela se lit dans tous les écrits de n’importe quelle époque. 

Euripide a écrit une tragédie, certes, mais qu’est-ce que ça signifie? Qu’est-ce qu’une tragédie? Quels en sont les codes, les règles, comment va-t-elle évoluer à travers les siècles? A partir des Troyennes, on peut extraire des généralités mais ce qui est génial dans cette œuvre, c’est qu’on peut montrer que déjà au Vème siècle avant notre ère, les règles bougent et évoluent suivant les nécessités dramaturgiques. Les Troyennes a suscité de nombreuses critiques, principalement pour son pathétisme poussé à l’extrême. On n’y trouve pas, comme ailleurs chez Euripide, une narration linéaire. Ici les épisodes sont clos, on assiste aux derniers moments de ces femmes rendues à l’esclavage face à la fin de leur cité. Le dénouement est annoncé dès le début, et rien ne viendra contredire l’avancée lente vers une chute certaine. De plus, les pièces lyriques, bien plus nombreuses qu’à l’accoutumée, viennent renforcer l’idée de pathétique que chaque personnage illustre à sa façon. 

Intérêts
philosophiques

La mort est-elle le plus grand malheur de l’être humain? Il ne faut pas juger le bonheur d’un homme avant sa mort selon Hécube. Tout peut basculer à tout moment. La pièce passe alors pour un plaidoyer contre le destin implacable qui ravage tout mais son intérêt va plus loin encore et se décline différemment suivant les personnages. On y trouve, fait rare dans le théâtre grec classique, des réflexions contre l’intervention divine chez Hécube. La reine est en effet souvent à la limite du blasphème dans ses propos. Cassandre quant à elle nous offre des questionnements autour de la vengeance et du sacrifice. Andromaque, loin de l’image qu’en dépeint Racine, est abattue par le malheur et n’attend plus que la mort pour seul remède à ses maux. Hélène, que chacun s’efforce de présenter comme la coupable absolue, vient remettre en cause cette accusation avec des arguments sur l’essence même de la culpabilité qui viennent mettre en déroute Ménélas qui malgré ses dires n’est plus autant déterminé à la mettre à mort. Dans ces idées de culpabilité, le personnage de Talthybios est aussi très intéressant à étudier. Il vient remettre en cause sa propre culpabilité en expliquant qu’il ne fait qu’exécuter les ordres de plus haut. Peut-on ainsi se dédouaner de ses actes individuels en plaidant la pression d’un groupe ou d’une institution? Les dieux ne semblent pas de cet avis: «Il est fou le mortel qui saccage les villes et qui change en désert les temples, les tombeaux, lieux sacrés du repos: c’est lui qui périt pour finir.»

Avant-scène

La compagnie vous propose une avant-scène présentée par notre secrétaire et homme de lettres Bastien Racca avant chaque représentation, à 19h.

Cela vous permettra de vous familiariser avec l’histoire de la guerre de Troie et la mythologie grecque, vous permettant d’apprécier pleinement et sans crainte la représentation.

N’hésitez pas !

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