Cabaret Molière

D’après Molière

Comédies

 27, 28, 29 Octobre 2022
à 20h00

30 Octobre 2022
à 17h00

Durée: 1h30

Accessible à tou.te.s

Tout public

Bar et nourriture

Entrée libre

CO de Bulle

Synopsis

La troupe de Molière est en ébullition : le roi lui a commandé une comédie qu’il doit créer en huit jours. C’est peu, trop peu. Seulement voilà, «les rois n’aiment rien tant qu’une prompte obéissance, et ne se plaisent point du tout à trouver des obstacles». Les obstacles sont nombreux pour Molière : ses comédien.ne.s sont peu enclin.e.s à collaborer, personne ne sait son texte et des fâcheux viennent interrompre la répétition… Mais peu à peu la comédie se met en place, et la répétition laisse la place au théâtre, avec son lot de caractères, de masques, d’intrigues et de ballets.

Pour la conjonction de deux anniversaires – les quatre-cents ans de naissance de Molière et les cinq ans de la Compagnie – Brosse Adam propose un melting pot Molière, ou un assemblage, dans la langue de ce dernier. En plus de L’Impromptu de Versailles et de La Comtesse d’Escarbagnas, ce sont au total dix pièces du grand dramaturge qui se retrouvent dans ce spectacle aux airs de fête !

@Ella Pasquier

Graphisme: Ella Pasquier

« Ma foi, les comédies aiment ces sortes d’affaires »

La Comtesse d’Escarbagnas, Molière                               

Distribution

Par ordre d’apparition

Quentin van Wynsberghe

Alexandre Raemy        

Alexandre Hain          

Estelle Terry   

Sandrine Bouquet       

Marie-Prune Schaller  

Cynthia Blunschi        

Marion Noisy 

Florine Neuenschwander

Emile Schuwey   

Raphaël Eccel        

Sylvain Grangier

Brécourt

Molière

Du Croisy

Mademoiselle du Parc

Mademoiselle Béjart

Mademoiselle de Brie

Mademoiselle du Croisy

Mademoiselle Hervé

Mademoiselle Molière

La Thorillière

La Grange

Béjart

Le Vicomte

Le Comte

Monsieur Tibaudier

La Comtesse d’Escarbagnas

Saltimbanque

Monsieur Bobinet

Julie

Andrée

Saltimbanque

Monsier Harpagon/Criquet

Saltimbanque

Monsieur Diafoirus

Monsieur Jourdain

Mescarille/Dom Juan

 

Henriette/Tartuffe

Magdelon

Clitandre/Sganarelle

Le maître de Philosophie

Armande

Thomas Diafoirus

  

Mise en scène et dramaturgie: Sylvain Grangier

Scénographie et direction musicale: Alexandre Raemy

Texte additionnel: Sandrine Bouquet

Création lumière et technique: Thomas Roulin et Lucille Brügger

Gestion financière et décors: Estelle Terry

Création affiche: Ella Pasquier

Note d’intention

C’est la fête !

Pour les cinq ans de la Compagnie, nous avons souhaité organiser quelque chose de festif. Et quoi de plus festif que la cour de Versailles ? La coïncidence des dates avec l’année des quatre-cents ans de naissance de Molière a achevé de nous convaincre : 2022 sera marquée par la célébration du théâtre.

Molière et nous

Comme l’affaire de la comédie est de représenter en général tous les défauts des hommes, et principalement des hommes de notre siècle, il est impossible à Molière de faire aucun caractère qui ne rencontre quelqu’un dans le monde – Molière, L’Impromptu de Versailles.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, monter un Molière ne va pas de soi. Passées l’universalité et l’intemporalité présupposées, pourquoi remettre en scène un vieil auteur vu et revu, avec ses mots d’hier ? D’abord, nous l’avons dit, il y a l’aspect festif. En montant le roi du rire, le rire sera roi. Car avant d’être un classique, Molière était un humoriste. Même s’il n’est pas le même qu’au XVIIe siècle, force est d’admettre que son humour fait toujours mouche aujourd’hui, avec un rire joyeux mais aussi critique. Critiques, nous souhaitons l’être également, en prenant la posture de l’auteur qui cherchaient à dénoncer par le rire toutes les hypocrisies, prônant une philosophie du juste milieu. Mais nous pouvons également être critiques envers Molière lui-même et ses textes, ou tout au moins développer une réflexion à son égard. Quel regard pouvons-nous porter au XXIe siècle sur cet immense héritage culturel ? La fête appelle la célébration, mais c’est le théâtre que nous célébrons, pas le mythe. Il n’est pas non plus question d’abattre des monuments, simplement de se poser la question « de quoi rit-on ? » Nous rions avec la pièce, mais aussi de la pièce.

Sur le texte

Nous voulions participer aux réjouissances autour de l’anniversaire de Molière, mais à notre façon. Il n’était pas question pour nous de choisir une pièce et de la monter, comme cela se fait classiquement. Ce d’autant plus que ce sont souvent les mêmes pièces que l’on voit partout : Tartuffe, Le Malade imaginaire, Dom Juan, … Pourtant « Molière avait tellement d’humour et d’intelligence qu’il n’y a rien de médiocre dans son œuvre. Partout, la densité reste très élevée[1] », pour citer le spécialiste Claude Bourqui. Ainsi nous avons choisi comme matériau principal deux pièces moins connues du grand public, voire carrément inconnues. Il s’agit d’abord de L’Impromptu de Versailles, qui a pour intérêt de mettre en scène Molière lui-même en train de diriger une répétition avec sa troupe, telle qu’elle était en 1663. Bien sûr la répétition ne se déroule pas comme prévu… La seconde pièce est La Comtesse d’Escarbagnas, une petite comédie qui raconte l’histoire d’une comtesse ridicule de province qui cherche à reproduire les codes de la cour royale dans sa campagne. Autant dire que son entourage n’est pas prêt. Cette pièce a été écrite à l’origine pour lier ensemble des pièces de ballet dans un spectacle magistral de cinq heures : le Ballet des Ballets. Sur commande du roi, ce divertissement rassemblait une sorte de « best of » des ballets écrits par Molière et composés par Lully ou Charpentier. C’est dans cet esprit « best of » que pleins de références aux autres pièces de Molière, plus connues, ont été ajoutées aux deux précédemment cités. Toujours dans ce même esprit de ballet, nous avons intégrés des moments musicaux forts, conformes à la structure spectaculaire inventée par Molière : la comédie-ballet. Outre le montage des textes, les œuvres originales ne souffrent que de modifications mineures, qui ne sont motivées que par l’envie de restituer le plus fidèlement possible une blague ou une référence incompréhensible pour le public d’aujourd’hui.

Esthétique carnavalesque

Dans ce projet, tout est subordonné au rire et à la fête, ce qui n’enlève pas l’aspect réflexif comme nous l’avons souligné. Cette ligne directrice se retrouvera dans l’esthétique générale, de la scénographie aux costumes en passant par le jeu des comédien.ne.s. Nous ne cherchons pas à reconstituer un XVIIe siècle perdu, ni une actualisation poussive. Il sera plutôt question de créer un univers proprement théâtral et magique. Si le théâtre est un miroir de la société, alors tout y est à l’envers : cela se retrouvera dans les personnages, pour lesquels nous souhaitons travailler avec des demi-masques expressifs et caricaturaux, un peu à la manière de la Commedia dell’arte qui a beaucoup influencé Molière. Puisqu’il s’agit de célébrer le théâtre, autant que ce soit spectaculaire ! Néanmoins, ce n’est pas parce que c’est la fête qu’il ne faut pas être exigeant.e.s. La qualité de travail et du résultat reste de mise, comme ça a toujours été le cas au sein de la Compagnie Brosse Adam.

Ce sont tous ces éléments qui participent à cette célébration haute en couleur que sera Cabaret Molière, d’après Molière

–  Sylvain Grangier

[1]« Molière, humoriste universel », in La Gruyère du samedi 22 janvier 2022.